Raed Ghanja a fait de son projet de fin d’études une expérience de réalité virtuelle à la fois amusante, inspirante et influente !
Issu de l’Institut supérieur des arts et de multimédia, le jeune diplômé a mis en œuvre un court-métrage ayant pour objectif de sensibiliser les jeunes en leur incitant à accomplir leur devoir en participant aux prochaines élections municipales, celles de 2018.
Ce court-métrage hors pair se diffère totalement des autres campagnes de sensibilisation classiques et dépassées qui n’ont plus d’impact sur les jeunes de nos jours. Au contraire, Ghanja a pensé autrement et a su exploiter sa position en tant qu’un jeune tunisien. Il a donc opté pour une idée bien fraîche et moderne en ajoutant quelques éléments de science-fiction à son travail et en choisissant un personnage principal qui fait référence à l’audience ciblée. Il a créé un personnage à qui les jeunes tunisiens d’aujourd’hui peuvent s’identifier. Un jeune avec un look moderne et un smart phone à la main qui ne s’intéressent pas aux évènements politiques nationaux et plus particulièrement les élections. Ceci est relevé surtout lors de son passage devant un centre électoral, au début du court-métrage, où ses expressions faciales reflétaient une indifférence totale vue la longueur de la file d’attente, et il poursuivait son chemin en fixant son regard sur son téléphone. C’est là où les éléments de science-fiction s’interférent. Une foudre frappe le téléphone en le court-circuitant. Tout devient blanc et le jeune se téléporte. Tout se transforme. La cité entière est en ruine, les déchets sont partout. En trouvant un journal par terre qui date de 2024, et qui annonce des actualités amères du pays soumise à un régime politique autoritaire, le jeune frappe désespérément son téléphone espérant qu’il pourra inverser l’effet de ce voyage dans le temps. Après plusieurs tentatives, il se retrouve de
retour dans le présent devant le même centre électoral.

[Il court donc vers le centre et prend sa place dans la file d’attente en faisant une petite recherche sur son smart phone pour avoir une idée sur les programmes électoraux des
candidats.
En entrant dans le bureau électoral, il présente sa carte d’identité, signe la feuille d’inscription, baigne son doigt dans l’ancre, puis il prend la liste des candidatures. Dans l’isoloir, il marque fièrement son choix et enfin, il dépose sa feuille à l’intérieur de l’urne. En quittant le centre électoral, le jeune citoyen remarque que les actualités citées dans le journal ont changé. Il ne s’agit plus de catastrophes et d’un régime dictature, mais plutôt des actualités prometteuses de paix, de démocratie et encore plus.]
Ce projet de fin d’études était encadré en partie par l’organisation internationale Democracy International, (DI) qui non seulement offre des services d’analyse et d’assistance technique en mettant en œuvre des projets en faveur de la démocratie et de la gouvernance dans le monde entier, mais travaille aussi sur la création de nouvelles méthodes en se basant sur des outils innovateurs pour des campagnes de sensibilisation en Tunisie et cela depuis 2012. D’ici est venue l’idée de transformer cette œuvre en une expérience de réalité virtuelle. C’était une initiative fraîche et innovante qui se distingue des autres campagnes de sensibilisation classiques et qui vise, d’une manière créative, un public jeune adepte des nouvelles technologies.
En expliquant les étapes de vote et en les stimulant, cette expérience souligne l’importance de vote, cet acte civique que plusieurs jeunes aujourd’hui ignorent et incitent ces derniers à participer activement et vivement aux futures élections en faisant valoir leurs voix.